I Edouard HANNON I


Edouard Hannon (1853-1931), ingénieur et photographe

Fils d'un professeur de botanique à l'Université Libre de Bruxelles, frère du peintre, critique d'art et poète Théo Hannon, l'ingénieur Edouard Hannon entre à la société Solvay en 1876. Il sera attaché à l'usine soudière de Dombasle, près de Nancy, en Lorraine. Hannon devient très vite un des ingénieurs les plus chevronnés de la firme; ses qualités exceptionnelles justifient sa brillante carrière.

En 1883, il est nommé administrateur de la société et participe à l'expansion de l'entreprise belge pour laquelle il parcourt le monde: Syracuse et Detroit aux États-Unis, mais également le Canada, la Russie tsariste. C'est grâce à sa position dans l'entreprise dont il est gérant de 1907 à 1925 qu'il se donne les moyens de construire un hôtel de maître, actuellement appelé Hôtel Hannon, où l'asbl Contretype développe ses projets depuis 1988.

Membre des cercles éclairés d'une bourgeoisie industrielle aux intérêts culturels étendus, Édouard Hannon est d’un naturel curieux: il pratique la photographie, un domaine alors en plein essor. Vers 1880, en effet, la photographie de reportage est facilitée par la mise au point d’un matériel moins encombrant et de nouveaux procédés techniques (les plaques sèches au bromure d'argent remplacent le collodion).

Créateur délaissé par les anthologies photographiques actuelles, Hannon est pourtant un artiste remarquable. En 1874 déjà, à 21 ans, il est membre fondateur de l'Association Belge de Photographie. Vingt ans plus tard, en 1894, il est l’un des cinq participants belges à la première exposition du Photo-Club de Paris, où il remporte la médaille d'or. Il recueille également de flatteuses distinctions honorifiques aux salons internationaux auxquels il prend part: Berlin (1896), Bruxelles (1902).

S'il mérite de prendre place dans l'histoire de la photographie, c'est surtout parce qu'il a d'emblée le sens de la vision directe, propre à l'objectif photographique, la préhension immédiate de la réalité captée en un instant, le cadrage original qui n'a rien à voir avec l'organisation traditionnelle des surfaces peintes.

Ces qualités de "photographie pure" apparentent sa démarche à celle de Stieglitz à la même époque aux États-Unis. Elles sont surtout sensibles dans ses portraits et ses photos de voyages réalisées au cours de missions pour la compagnie Solvay. Hannon exécute une importante quantité de clichés photographiques à caractère sociologique et documentaire, souvent d'une grande qualité esthétique, où apparaît sa maîtrise tant sur le plan artistique que technique.

Édouard Hannon prend entièrement part au mouvement pictorialiste par ses portraits et ses paysages. Il reste, aux côtés de Léonard Misonne, Romain Ickx et Gustave Marissiaux, un des plus brillants représentants de ce mouvement.

En 1977, Gilbert De Keyser redécouvre le patrimoine photographique d'Edouard Hannon. Le musée Horta présente une première série de ses photographies et, à partir de 1981, Contretype, en collaboration avec Gilbert De Keyser, entreprend de réaliser des copies de l'œuvre intégrale, qui allait donner lieu à une première rétrospective au Centre Culturel Le Botanique (Bruxelles) en 1986.

Le fond Hannon est conservé à l'Hôtel Hannon par Contretype où il est régulièrement montré (
cf nos archives), de même qu'il fait l'objet d'une exposition itinérante et d'un porte-folio édité par Contretype.


























Edouard HANNON
Russie tsariste, circa 1890
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Edouard HANNON
Autoportrait
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Edouard HANNON
Russie tsariste, circa 1890
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Edouard HANNON
Denise, 1901
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