| I Borinage, Willy KESSELS I Le photographe belge Willy Kessels accompagnait régulèrement Joris Ivens et Henri Storck lors des prises de vue (1). En soi, il n'était pas inhabituel qu'une équipe de film soit accompagnée d'un photographe. On avait besoin de photos pour la publicité, et il était plus facile et économique de les commander à un photographe à part entière, que d'agrandir des petites images de film. Dans une interview, Ivens fit remarquer que les photographies avaient également une signification politique. "En même temps que les prises de vue du film, nous avons fait des photos dans de nombreux cas, par exemple d'ouvriers qui cherchent du charbon sur les terrils. Ces photos furent prêtes en deux jours, et nos camarades les ont utilisées dans leur travail politique. Ainsi le film agissait déjà, avant qu'il ne fut sorti, en vue d'organiser les travailleurs pour la lutte." (2) En outre, le photographe Kessels n'était pas le premier venu. Sa contribution aux expositions internationales de la photographie et du film au Palais des Beaux Arts de Bruxelles en 1932 et 1933 avait suscité un vif intérêt. Willy Kessels (1898-1974) avait étudié l'architecture et se mit à la photo, en 1930. Kessels publia des photos de Bruxelles et d'Anvers dans une série de livres consacrés aux villes. D'un reportage paru dans La Vie Ouvrière (1931), il ressort clairement que Kessels était influencé par la photographie nouvelle : un complexe de chemin de fer devient un jeu de lignes, et une locomotive se change en monstre menaçant. L'engagement social de Kessels s'exprima dans un reportage sur le chômage paru dans l'hebdomadaire socialiste illustré AZ (1930)... Une collection presque complète de photos du Borinage est ressortie de l'héritage de Willy Kessels. la toute grosse majorité de ces photos fut réalisée avec un appareil à image réduite et un nombre plus limité, au moyen d'un appareil "démodé", avec lentilles en verre. Elles démontrent que Kessels réunissait trois photographes en sa seule personne. Il remplissait sa tâche traditionnelle du réalisateur de portraits, en photographiant ceux qui, de près ou de loin étaient impliqués dans le film. Il faisait les photos publicitaires qui étaient utilisées pour faire de la réclame pour le film (et, comme Ivens le signalait, pour pratiquer l'agitation politique). Et enfin, Kessels était encore "photographe d'art"; il tirait des photos qui possédaient suffisamment d'expressivité d'elles-mêmes, pour pouvoir être regardées indépendamment du film Borinage. Ce sont ces dernières photos qui évoquent à l'esprit, l'oeuvre de contemporains tels l'anglais Bill Brandt et les photographes américains du projet Farm Security Administration. (1) Il sagit du film Misère au Borinage de Joris Ivens et Henri Storck (ndlr) (2) De Tribune, 9 mars 1934, p.6 Extrait du livre Le Borinage de Hogenkamp & Henri Storck (Revue Belge du Cinéma) Fiche technique: Ce porte-folio contient 10 tirages d'après les négatifs originaux de Willy Kessels. Les photographies ont été tirées sur papier Tura PR 212 et virées au sélénium. Format: 18 x 24 cm, montées sous passe-partout 35 x 42 cm. Edition limitée à 25 exemplaires, numérotée et signée par Henri Storck et Joris Ivens. Texte et présentation de l'oeuvre de Kessels par Bert Hogenkamp. Présentation sous emboîtage toilé dessiné par Marcel-Louis Baugniet, impression en sérigraphie. Production Contretype/Revue Belge du Cinéma. Prix et consultation des images : sur demande |
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