I Olivier THIEFFRY I


Sirtaki 123

Lors des “Propositions d’artistes” 2000, nous présentions pour la première fois les travaux d’Olivier Thieffry; il s’agissait de petites images carrées proposées dans un alignement serré où prédominait le noir. L’œil du spectateur devait s’habituer à la pénombre pour découvrir les formes de détails d’objets, de nature, de ville, de personnages, sorte d’assemblage hétéroclite d’images “sans importance” dont la juxtaposition nous invitait à créer notre propre histoire et à y rechercher du “sens”.

En continuité, les nouvelles Propositions d’Olivier Thieffry* s’attachent toujours à créer un monde onirique à partir de traces photographiques du banal, et c’est par le dispositif de l’association d’images que l’auteur restitue un climat de rêve, un univers distancié de la réalité.

Bien qu’aujourd’hui certaines images soient réalisées en couleurs, Thieffry les traite sans saturation, sans effet, plutôt même de façon atténuée, ce qui permet de les lier au noir et blanc sans opposition. Les images sont de petit format et leur présentation linéaire est plus “aérée”; cela permet une lecture moins “cinématographique”, moins préétablie par l’auteur, où l’interstice entre les images, les “blancs”, seraient l’espace réservé à l’imaginaire du spectateur, où il lui serait possible de se faire sa propre histoire. Tant par la conception des images que par le dispositif choisi par l’auteur, tout contribue à préserver la liberté de perception et d’interprétation du travail.

Olivier Thieffry résiste volontairement aux images qui s’imposent et imposent. Il va jusqu’à souhaiter que celui qui regarde voie ce qu’il veut.

Cette attitude pourrait paraître étrange quand on sait qu’Olivier Thieffry commença sa pratique photographique par un engagement dans le champ du documentaire social. Mais il considère que dénoncer par la photographie n’aide en rien les victimes de ce que l’on dénonce et que l’on court le risque de manipuler, de se servir de l’autre pour faire de l’image. Il choisira de scinder les choses, d’une part en agissant directement et physiquement sur le terrain social et, d’autre part, en proposant par la photographie une exploration du monde intérieur, subconscient, car tout fait partie de ce chemin si beau qui va du berceau au tombeau!

Jean-Louis Godefroid

* C’est lors des “Propositions d’artistes” 2002 que le jury a décidé de lui accorder une exposition personnelle à Contretype.


Biographie :

Né en 1974 à Lille, France; vit à Bruxelles.

Dès l’école secondaire, il opte pour une orientation photographique, en suivant durant quatre années les cours de photographie à Saint-Luc, Tournai. Il poursuivra ensuite un enseignement supérieur d’une durée de cinq ans à La Cambre, Bruxelles, en section photographie; il achève ses études en 2000.

En juillet 1999, il est lauréat des “Propositions d’artistes” de l’Espace Photographique Contretype; l’exposition collective qui en résulte (avec Anne Penders, Sébastien Reuzé et Olivier Vanderaa) aura lieu à Contretype en avril 2000. En mai, il présente un triptyque à l’exposition collective “Salon de mai”. Suivra alors, du 22 septembre au 21 novembre 2000, une exposition collective intitulée “Quais”, à la gare Bruxelles-Chapelle (avec Marie-Noëlle Dailly, Anne Penders, Sébastien Reuzé et Olivier Vanderaa), coorganisée par Contretype et Recyclart. En novembre 2000, il reçoit une commande de l’Université Libre de Bruxelles pour une couverture de livre.

En février 2001, il prend part à l’exposition collective “30 minutes d’art contemporain”, à l’ancien hôpital d’Ixelles. En mars 2001, il collabore à une exposition collective à Contretype2/La Raffinerie, dans le cadre du festival de danse Via. En septembre de la même année, son travail est montré lors d’une exposition collective à la galerie Observatoire 4, dans le cadre du Mois de la photographie de Montréal, Québec. Enfin, en novembre 2002, il participe à une exposition collective à la galerie Medium, dans le cadre du mois de la photographie de Bratislava, Slovaquie.

Sirtaki 123, l’exposition montrée à Contretype du 7 mai au 15 juin 2003 constitue sa première exposition personnelle.








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