I Istvan HALAS
PAIR IMPAIR
I

> du 5 mai au 20 juin 2004

Biographie

Pair Impair

Peintre, il crée ses œuvres, avec l’appareil photographique et les matières sensibles à la lumière. Penseur, il fait naître ses images consciemment par le processus photographique, et poète, il retrouve, parmi les choses du monde, ses propres sentiments, ses méditations et ses rêves. Père, il crée tout un monde avec sa fille Minka et
son ourson. Il est aussi le voyageur qui aime partir, être sur la route, arriver, et avant tout: être là. Et il est encore beaucoup d’autres choses aussi. Créateur d’images, il est de ceux qui les trouvent. Comme si l’accumulation des couleurs, des formes et des lumières formaient volon-tairement des compositions en jonchant le sol. Et qu’il n’aurait qu’à se baisser pour les ramasser. Tel un collectionneur d’images qui arrive, avec son petit sac qui peut cacher un appareil photographique, pour rassembler, comme par exemple à Bruxelles, des arcades éphémères, des pans de murs dans l’espace, des dialogues entre des détails de bâtiments, dans la couleur grisâtre du ciel belge embrassant la lumière orangée des réverbères.
Et évidemment, tout cela devient différent lorsqu’il voyage avec l’ourson de Minka et un message de conte de fées est en train de naître pour une petite fille…

"Pour moi, la photographie est une formulation subjective qui change incessamment, un résumé mécanique et visuel du monde, en deux dimensions. Message, opinion, miroir et espoir. Actuellement, ces constatations simples manquent: ce qui est bon, ce qui n’est pas bon, ce qui vaut la peine d’être fait… Je considère qu’une photographie est bonne quand elle est "en ordre" dans l’espace et dans le temps, quand la composition, le contenu et la forme sont en ordre, si elle fonctionne, au moins au premier abord, pour moi. IMPAIR. Le deuxième abord, ce n’est plus à moi. PAIR. Actuellement, j’utilise souvent deux négatifs en les juxta-posant pour créer une nouvelle image; en 1995, j’ai trouvé par hasard deux images l’une à côté de l’autre sur une planche contact, et je les ai vues tout de suite ensemble. J’ai trouvé une rime particulière entre les deux, une certaine interdépendance. J’ai commencé à réfléchir en ce sens par rapport à mes images, en tant que paires. Si l’une d’entre elles parle souvent du lieu, de l’environnement, de la structure de l’espace, l’autre est très personnelle, elle enregistre des relations intérieures, émotionnelles. Ce qui m’intéresse, c’est le rapport entre les deux images, le changement incessant et le jeu des sens. Je sens une certaine dualité, un certain parallélisme dans tout ce que je vois. Pair. J’essaie de trouver le pas suivant dans le jeu réciproque entre le hasard et le prévisible, entre le rationnel et l’émotionnel. temps, la parfaite harmonie entre eux… c’était inimaginable pour moi auparavant.

Je m’étais cependant préparé à ce voyage par mes pensées: ainsi, je suis arrivé plus tôt qu’en réalité, mais je n’avais, et je n’ai toujours pas, de préjugés.

Dans mes photos, depuis des années, je construis sans cesse le même espace, je cherche les détails, les accessoires. Parfois, j’ai le sentiment d’avoir trouvé quelque chose qui caractérise fortement tel ou tel lieu, mais je n’en ai la confirmation que plus tard. Je laisse la ville me montrer ce qu’elle veut; ensuite, c’est à moi de montrer ce que j’ai trouvé."

Gabriella Csizek
Curateur à Mai Mano, Maison hongroise de la Photographie, Budapest, janvier 2004

. Istvan Halas
ABR001
30 X 80 cm,
2001-2002