| I The New Painting Elina BROTHERUS I English commentary Biographie The New Painting La série «The New Painting» - commencée en 2000 et toujours inachevée à lheure actuelle - aborde lesthétique et les thématiques de la peinture figurative classique. Elina Brotherus tente, avec lappareil photo, dappréhender les problèmes auxquels ont été confrontés les peintres depuis des siècles: lumière, couleur, composition, figures dans lespace, projection du monde tridimensionnel en deux dimensions, des questions fondamentales dans tous les arts visuels. Cest un sujet vaste dont elle na pas encore épuisé toutes les facettes. Il lui a paru naturel de continuer ce travail en cours lors de sa résidence à Bruxelles, dautant que la «décoration» originale de lHôtel Hannon donne aux scènes dintérieur un caractère particulier, indéfini. Par des visites répétées aux Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles, elle tente également de se situer dans la continuité de lhistoire de lArt occidental. Les résidences dartistes sont pour Elina Brotherus un fructueux moyen de travail: elles lui permettent de sécarter dune certaine «routine» et de libérer ses pensées et ses yeux «pour lart». Chaque lieu possédant ses propres paramètres, il pose des limites restrictives qui lui sont nécessaires. Dune façon générale, travailler à lextérieur dans de grandes villes lui est difficile: il y a trop de perturbations visuelles: voitures, constructions, passants Cest pour cette raison quelle préfère travailler soit dans la périphérie de Bruxelles, où il y a moins de «pollution» visuelle et plus despaces ouverts, ou à lintérieur de lHôtel Hannon. Un grand changement a eu lieu dans son travail dans les années 1999-2000. Le travail montré à Contretype dans le cadre de lexposition «Identité fictive», en 1999, provenait dune série plus ancienne intitulée «Das Mädchen sprach von Liebe» dans laquelle figuraient des images autobiographiques personnelles et intimes, liées à un événement particulier ou une émotion. (voir le livre «Decisive days» dElina Brotherus). Les photos de la série «The New Painting» nont rien dautobiographique ni de narratif au sens strict du terme. Les raisons pour lesquelles elles ont été prises sont purement visuelles. Elina Brotherus est souvent, comme avant, son propre modèle, mais cette fois comme sil sagissait dun modèle de peintre. Ces photos ne parlent pas delle mais bien de la figure humaine, dun «objet» dans lespace qui réfléchit et absorbe la lumière. Son esthétique na pas profondément changé; mais son point de vue a évolué et les clés pour décoder son travail sont différentes. Les titres des photos participent de ce changement: dans la série «Das Mädchen sprach von Liebe», les titres (comme «I hate sex», «Divorce Portrait»), procuraient une clé daccès à lhistoire, une allusion à lattention du spectateur, pour lorienter vers un certain type de lecture. Dans «The New Painting», les titres sont laconiques, ils font simplement état de ce qui est montré («Fille aux fleurs», «Horizon»). Parfois aussi, les titres sont empruntés à des uvres dart existantes, comme «Lartiste et son modèle». Selon Elina Brotherus, la photographie parle aussi de pouvoir. La photographie «Lartiste et son modèle» constitue un commentaire à propos de labondance, sur le plan historique, dartistes masculins qui utilisent des modèles féminins. Le fait dêtre habillé est propre à lartiste, la nudité est propre au modèle, qui est mis dans une situation de vulnérabilité, de soumission. Ici, la femme artiste se réapproprie, une chose qui a été soustraite à son genre dans les arts plus anciens. Elina Brotherus présente par ailleurs des paysages très graphiques, épurés, qui permettent une respiration au sein de son uvre. Les couleurs, ou leur réduction, sont très importantes pour elle, en tant quélément de construction dune photo, dune exposition ou dune publication. Il ne faut cependant pas y voir lutilisation dune «théorie des couleurs» ou de valeurs symboliques. Quant aux fleurs qui apparaissent dans plusieurs photos, on peut y percevoir soit une référence à certaines peintures du début de la Renaissance où il y a des fleurs sur le sol, soit simplement un bel élément qui vaut la peine dêtre étudié pour lui-même. Daprès des propos dElina Brotherus publié dans la revue Contretype n°79 (Janvier-février 2003) |
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