I UN MONDE INQUIÉTANT

JULIEN COULOMMIER
I

> du 30 avril au 15 juin 2008

Biographie de l'artiste


Depuis ses premières expositions dans les années 1950,
l’œuvre photographique de Julien Coulommier a marqué le
développement de la photographie artistique en Belgique. Par
son travail de critique d’art, par les conférences qu’il donne,
par ses relations internationales, il introduit le renouveau
dans l’art photographique de notre pays et contribue «à
l’acceptation de la photographie subjective en Belgique» (1).
Sa rencontre avec Otto Steinert, chef de file et théoricien du
mouvement allemand Subjektive Fotografie, est décisive car
elle lui permet de s’affranchir de la photographie
traditionnelle et d’un certain académisme ambiant. C’est par
l’intermédiaire de Steinert qu’il entre en contact avec Serge
Vandercam, photographe et peintre, avec lequel il participe à
l’exposition «Images inventées» au Palais des Beaux-Arts de
Bruxelles en 1957. Cette exposition constitue une
manifestation de grande ampleur qui vise à affirmer la
photographie comme mode d'expression artistique autonome et
témoigne de la capacité de la photographie d’engendrer des
œuvres non-figuratives, rejoignant ainsi les autres modes
d’expression de l’époque.
Également touché par les paysages expressionnistes de l’Ecole
de Laethem-Saint-Martin, Coulommier se dirige vers une
photographie plus expérimentale. Surtout attiré par la nature,
qui autorise de multiples interprétations et qui permet de
«cultiver l’art non-figuratif», il interprète le réel pour
créer des formes énigmatiques, étranges, voire inquiétantes.

Son travail personnel, qui lui apportera une reconnaissance
internationale, croise aussi la route du Surréalisme.
Sa période créative s’étend sur plus d’une cinquantaine
d’années; il continue en effet à pratiquer son art à l’heure
actuelle. On perçoit dans son œuvre au contenu poétique
incontestable à la fois une évolution dans le langage et une
grande continuité.
Il projette son «petit répertoire», son «petit musée
personnel» sur les choses qu’il voit, afin d’en retirer la
quintessence. Son but est, en le déformant, en abandonnant
l’aspect visuel qu’il trouve trop banal, de pénétrer le sujet
-même et de révéler l’âme des choses. «En mettant au point ou
en faussant, je parviens à capter une forme qui se détache de
l’ensemble et à la retranscrire en révélant ce que j’estime être
l’intérieur des choses. La nature est omniprésente, générale,
elle a tout ce qu’il faut. Il suffit d’essayer de comprendre pour
pouvoir entrer dans ce monde étrange mais aussi tellement
captivant.» Il considère que dans tous les moyens artistiques,
le mystère et la subjectivité de l’artiste doivent être présents.
Quand on l’interroge sur les clés pour comprendre son travail,
il répond que c’est comme pour tous les arts, il n’y a pas de
mode d’emploi. Il y a la sensibilité personnelle qui parfois
diffère de la sensibilité de l’auteur, mais qui permet aussi de
l’élargir. Il prend à témoin le courant du Surréalisme, où les
choses les plus banales qu’on ait pu peindre ou photographier
créent une atmosphère d’étrangeté, de dépaysement, et où
seule la sensibilité du spectateur peut trouver la solution.

L’exposition à l’Espace Photographique Contretype présente
des photographies en noir et blanc, qui permettent d’«obtenir
une plus grande abstraction, en restant plus près de l’essentiel
du sujet» (2). Mais elle montre aussi combien Julien
Coulommier s’adonne avec bonheur et subtilité à la
photographie en couleurs.

D’après une interview de Julien Coulommier par Jean-Louis Godefroid, mars 2008

(1) in Julien Coulommier, Conversation avec Ludo Bekkers, Gerpinnes, Editions Tandem, 2004, p. 37.
(2) Idem, p. 23.


«Julien Coulommier, Onde convergente»

Portfolio comprenant 10 photographies argentiques de Julien
Coulommier imprimées sur papier 24 x 30 cm, accompagnées
d’une brochure reprenant des textes inédits (en français et
néerlandais) de Freddy de Vree et un dessin de Maurice
Wyckaert. Bruxelles, Espace Photographique Contretype,
1998.

Tirage limité à 20 exemplaires numérotés et signés par
l’auteur. Photographies tirées sur papier baryté au
chlorobromure d’argent par André Jasinski, sous contrôle de
l’auteur, dans les ateliers de Contretype. Ces photographies
sont montées sur papier pur chiffon non acide, conformément
aux normes d’archivage internationales. L’ensemble est
présenté sous emboîtage toilé.

Consultez les reproductions du portfolio,
ici













































. Julien Coulommier
"L'image secrète",
2007,
28 X 19 cm