INTRO

DÉMARCHES

Pedro Barateiro mène une réflexion sur la façon dont
nous nous occupons de notre espace physique et mental,
ainsi que sur l’identité que nous inscrivons dans les lieux
que nous choisissons d’habiter: espace/corps/psychique.

Il réfléchit sur les processus de capitalisation du monde et
de la tentative d’adaptation aux machines, avec les
mutations qui en découlent.

Ses photographies, dessins et installations, élaborés le plus
souvent à partir de documents et d’images «empruntées»,
dans un processus de lecture et d’appropriation, sont
ensuite transformés par des interventions picturales,
construisant une base de pensée analytique de l’idée de
géographie et de conception de l’espace, de l’idée de
construction de l’identité sociale.


En se concentrant sur la lumière, l’espace et le temps, les
récents travaux photographiques d’André Cepeda sont
élaborés à partir d’endroits de passage, de lieux publics et
semi-publics, auxquels on n’accorde généralement pas
d’importance en tant qu’images. Ils constituent une
réflexion autour de nos rapports avec ce genre de lieux et
élargissent le débat sur notre façon d’investir le territoire
les villes, ainsi que sur la façon dont nous construisons
notre identité politique, sociale et culturelle.


Les dessins, sculptures, performances et installations de
Carla Filipe ont pour point de départ les codes de
relations de civilisation, la condition humaine, économique
culturelle et identitaire.

Les histoires qu’elle nous livre régulièrement sont
également de l’ordre de l’autoreprésentation; il s’agit
d’oeuvres qui renvoient de façon plus ou moins explicite à
son expérience personnelle et qui proposent une forme de
dialogue.

Les dessins complexes qui font partie de sa production
artistique soulignent – littéralement – une réalité de
lecture d’une œuvre d’art ainsi que la possibilité
d’explorer notre voyeurisme de spectateur: ce sont des
travaux où l’on croise l’excès de paroles avec leur condition
primordiale de dessin, où la propreté logique n’est pas la
bienvenue et où on avance en cahotant.


João Maria Gusmão et Pedro Paiva développent leurs
projets artistiques dans le champ de la photographie et du
film 16mm, ainsi que dans le domaine de l’installation.

Ils construisent des situations et des récits qui prennent la
forme de petites fictions, où ils explorent la fusion entre
l’art et la science. Leurs travaux dégagent un sentiment
d’incertitude sur l’authenticité de ce qui a été vu et
comportent une note d’ironie et d’absurde.

Les effets et les phénomènes qu’ils transposent dans le
milieu artistique sont concrétisés de manière bizarre et
mystérieuse, sans que cela ne diminue en rien l’impression
produite.

Les auteurs développent des approches dans le champ de
la littérature ainsi que dans plusieurs domaines de la
Philosophie, de l’Esthétique et de la Physique. Comme c’est
le cas du projet «Effluve magnétique», où il se sont basés
sur l’œuvre de Victor Hugo intitulée «L’Homme qui rit».
Autre figure centrale de leur univers, Alfred Jarry et sa
Pataphysique, que l’auteur définissait comme «la science
des solutions imaginaires».


Dans ses derniers travaux, Eduardo Matos confronte le
langage image/vidéo/sculpture avec la tridimensionnalité
spatiale et interactive d’installations, en reconstruisant et
déconstruisant spécifiquement dans chaque lieu et à chaque
moment les pièces qui composent le simulacre d’un jeu de
métaphores esthétiques, identitaires, sociales, politiques et
géographiques.

Ce sont des éléments et des fragments qu’il recueille de
l’univers civil: de ses codes, de ses normes et règlements,
des événements, de l’histoire; ce sont des images, des
symboles, des objets et fragments qu’il inscrit dans un
espace, dans une composition. Il cherche à les mettre en
rapport les uns avec les autres. Il ne s’agit ni de récits ni
de descriptions; il s’agit d’images discontinues qui
construisent des réalités, qui mettent en cause les
processus d’organisation, d’orientation, de gestion, de
direction et d’apprentissage inhérents à cette idée de société
moderne démocratique.


Manuel Santos Maia travaille actuellement sur une
série intitulée Alheava, qui, à partir de moyens fournis par
la photographie, la sculpture, la vidéo et l’installation,
constitue une réflexion autour des expériences vécues
pendant la décolonisation des anciennes possessions
portugaises. Ces travaux mettent toujours en évidence
l’aspect sensible et émotionnel que ce sujet a impliqué et
implique  toujours, en faisant appel à la réflexion sur la
condition du silence, de la vie cachée, de l’oubli et de
l’ignorance implicites dans ces récits et dans nos
consciences.














































. Pedro Barateiro
"Mapa Psicogeográphico I", 2006
Procédé RA4 monté sur PVC, 182,5 x 224,5 cm
Courtesy Galeria Pedro Cera











. João Maria Gusmão & Pedro Paiva
"Cintilação", 2005
125 x125 cm
Courtesy Galeria Graça Brandão, Porto - Lisboa
















. Manuel Santos Maia
Projection de diapositive,
Courtesy Galeria Quadrado Azul