Carte blanche à Emmanuel d'Autreppe

EDOUARD DECAM
Paysages involontaires
6/11/19 - 12/01/20


Fermeture du 23/12/19 au 2/01/20


Eng. | NL



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© Edouard Decam, Hoover, 2016

Marcheur ou arpenteur, alpiniste ou guetteur, géomètre ou topographe, avant tout photographe, Edouard Decam parcourt inlassablement l’immensité des paysages de montagne (les Pyrénées notamment, où il a fini par jeter ses bases) et y enregistre la trace de l’homme, les signes — architecturaux et parfois violents — de sa présence, et leur rapport à l’espace. Depuis la fin de ses études en 2003, Decam poursuit une pratique mixte de plasticien, documentariste, vidéaste, nourrie tout autant d'attention à l'espace construit, aux territoires qu’il s’est choisis — «zones de contact entre l’espace et le temps» — , à l'empreinte humaine dans le paysage, qu'à l'épaisseur expérimentale du médium variable qu'il utilise ou de l'espace d'installation inédit qu'il investit...

L'exposition présentée chez Contretype en cet automne 2019 trace, à travers différentes séries et douze ans de production, une diagonale singulière, inédite, depuis «Landscape Scale» (début du projet sur les barrages en 2006) et jusqu’aux travaux plus récents en image animée. S’y font jour les ramifications, aussi bien telluriques qu'aériennes, ondulatoires, d'un travail qui se situe au croisement à peu près exact d'une démarche plasticienne, au riche vocabulaire esthétique, et d’une rigueur documentaire distanciée: cadrage frontal et serré, ciel minimisé, horizon relégué hors de portée.
Pour le dire plus vite mais un peu trop simplement: est-ce du paysage (étant entendu qu’il n’y a plus de nature qui ne soit travaillée par l’humain) ou de la photo d'architecture?... S'agit-il d'implication ou de contemplation?... C’est toute la question que soulève, d’emblée, l’intitulé de l’exposition, jusque dans ses dimensions contradictoires. Le photographe en tout cas ne juge pas et ne prend pas parti,
il cherche, observe, enregistre, représente, envisage des liens. Decam n'a pas attendu la vague, qui n'est hélas devenue apparente qu'une fois inévitable, des menaces écologiques ou des dérèglements climatiques pour saisir de façon critique l'ironique beauté ou le génie absurde des stratégies, à grande échelle, de communication et de domination de l'homme sur son environnement: ses recherches sur les systèmes hydrauliques, spatiaux, ou encore glaciaux, nourrissent un incessant questionnement sur nos origines et le sens de notre passage. En le faisant avec parcimonie et une lenteur choisie, en optant pour le moyen format au détriment de la facilité et de la labilité du numérique, Decam inscrit en outre — délibérément ou involontairement? — sa démarche dans le cadre de cette économie-écologie du regard, déjà plus si émergente…

Le titre lui-même, «Paysages involontaires», à sa manière, questionne l'échelle même des valeurs et des reconnaissances: haut, bas, œuvre ou pas œuvre, finie, pas finie, jamais finie, faut-il s’inquiéter ou admirer… Dans les photos de Decam, d'ailleurs, ces valeurs s'inversent parfois, entre terre et ciel, proche et lointain; et entre ce que la nature produit et ce que l'homme construit, il n'est pas toujours aisé de déterminer qui soutient quoi, qui mine le terrain ou le maintient au contraire dans un fragile et prospectif équilibre. Que reste-t-il du geste architectural, qu’en est-il des intentions du photographe — et du bon vouloir de l’objet photographié, inanimé —, qu’en est-il de ce «protocole compassionnel» (pour détourner cette étrange et forte formule d’un écrivain-photographe s’il en était: Hervé Guibert) qui suppose, vis-à-vis du monde qui nous entoure, attention, complicité voire empathie?…
En se laissant rebaptiser «paysage», la nature donne toujours un peu l’impression de s’être laissé planter un couteau dans le dos; l’adjectif involontaire n’en rajoute pas dans la victimisation: il souligne au contraire sobrement, mais clairement, la fin d’un échange franc et de plain-pied, la rupture d’un contrat ou la fin probable d’une innocence. Voilà peut-être ce qui confère ce côté presque poignant à ce qui se cache et se joue là, dans les strates denses, muettes et multiples de l’image, autant que dans celles du paysage.

Emmanuel d’Autreppe, Commissaire de l’exposition, septembre 2019

Website: www.edouarddecam.com




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© Edouard Decam, Langmusi, 2017

Volva (2016) | Edouard Decam


Film 16mm transféré en HD, 4/3, 24’39”


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© Edouard Decam

Volva est le nom que le mathématicien, astronome et astrologue allemand Johannes Kepler a donné à la Terre vue de l’espace, dans son texte « Somnium », considéré comme le premier ouvrage de science-fiction.

Les observatoires étudient un passé lointain, suspendus dans un temps indéterminé, sans à peine faire attention à son entourage. Centré sur l’observatoire astronomique du Pic du Midi dans les Pyrénées ce film tourné en 16mm réfléchit sur le rapport espace-temps qui s’établit entre architecture, science et paysage.
Suivant une chronologie solaire, les machines tentent de capter l’environnement proche ainsi qu’une série d’ondes qui semblent être transmises par les montagnes et les paysages au loin.

L’absence de forme humaine, la succession des mouvements mécaniques, la direction de regard des télescopes, laissent penser à un lieu contrôlé artificiellement, robotisé.
Les plans, montés entre espaces intérieurs et extérieurs conduisent le lieux à se confronter à un espace/temps parallèle et dilaté d’où il semblerait provenir. Un nouveau territoire se construit alors entre l’architecture du Pic et le paysage environnant. Le film se construit dans le possible mouvement de cet espace se déplaçant dans diverses temporalités à la fois, passé – présent - futur, et divers lieu, hors et sur Terre dans le même temps.”

Ce film a été diffusé dans plusieurs festivals et a notamment remporté le premier prix du festival LOOP (le Loop Discover Award). Il a été acheté par plusieurs fonds d’art contemporain et fait partie de la «Collection Frac Normandie Caen».



PUBLICATION A L’OCCASION DE L’EXPOSITION

Edouard Decam,
Paysages involontaires


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Editions L’image sans nom, Liège, 2019.
Avec la collaboration de Contretype et de la Casa de Velàzquez, Madrid.
Format: 28 x 21 cm, 48 pages quadrichromie. Couverture en carton souple.
Texte: Emmanuel d’Autreppe.
Conception: Edouard Decam, Emmanuel d’Autreppe, Matthieu Litt.
Graphisme et pré-press: Matthieu Litt.
Tirage limité à 100 exemplaires.
Prix de vente: 15 euros.







EDOUARD DECAM est un photographe français né en 1978 à Libourne, France.
Il est diplômé de l’École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Bordeaux (2003).
Au cours de ses études il a réalisé un échange d’un an à l’Université d’Architecture de Santiago du Chili (2002). Il a récemment exposé au Cent-quatre et à l’Espace Electra (Paris), au Farenheit - Flax Foundation (Los Angeles), au Hangar (Lisbonne) et a été résident à la Casa de Velazquez (Madrid) et Matadero (Madrid). Il a également gagné le prix LOOP Discover avec son film Volva.

EXPOSITIONS PERSONNELLES

2019 Paysages involontaires, Contretype, Bruxelles (BE)
2017 Unveiling (Reflections on Space), Galerie Primo Piano, Paris (FR)
2014 Ondes intermédiaires, installation avec le compositeur Mathieu Bonilla, Institut français de Barcelone (ES)
2012 Landscape scale, Institut français de Barcelone (ES)
2012 Landscape scale, Galerie de l’Œil, Espace Bazacle, Toulouse (FR)
2011 Human nature, Arrêt sur l’Image Galerie, Bordeaux (FR)
2009 In between 01, atelier Martel, Paris (FR)
2009 Landscape scale, Arrêt sur l’Image Galerie, Bordeaux (FR)

EXPOSITIONS COLLECTIVES

2018 Attractions, biennale de photographie, commissaire Pascal Amoyel, Mulhouse (FR)
2018 Volva, présentation au Musée Reina Sofia, Madrid (ES)
2017 Premio LOOP Discover, Volva lauréat, Barcelone (ES)
2017 Rencontres Internationales Paris-Berlin, Volva inscrit dans l'espace de consultation et au catalogue général, Paris (FR)
2017 International Short Film Week Regensburg, Volva nominé dans la catégorie architecture, Regensburg (DE)
2016 Festival Internacional de Cine de Gijon, Volva présenté au FICXLAB, commissaire Alfredo Aracil, Gijon (ES)
2016 Scoping Scapes, 18th Street Art Center, screening commissaire Andrea Rodriguez Novoa, Los Angeles (USA)
2016 Plagiar o Futuro, Hangar Lisboa, commissaires Bruno Leitao et Andrea Rodriguez Novoa, Lisbonne (PT)
2015 Getxo Arte, Salon des pratiques contemporaines, commissaire Eduardo Hurtado, Getxo (ES)
2015 Finalistes Prix Miquel Casablancas, San Andreu Contemporani, Fabra i Coats, Barcelone (ES)
2014 Vues de l'esprit, Pixels of paradise, BIP 2014, Liège (BE)
2014 Villa Lemot, Domaine Départemental de la Garenne Lemot, Gétigné (FR)
2013 Japon-France-Espagne, Matadero centro de creación contemporanea, Madrid (ES)
2013 Itinerancia 2013, espace Évolution Pierre Cardin, Paris (FR)
2013 It’s About Time, Quartair,Den Haag (NL)
2013 La sombra del viaje, PHoto España, Madrid (ES)
2013 Open Studio, Madrid (ES)
2013 Itinerancia 2013, Casa de Velázquez, Madrid (ES)
2013 Souvenirs d'immensité, Institut français de Madrid (ES)
2012 50 000, Arc en Rêve, Bordeaux (FR)
2010 Human nature, atelier Dartois, Bordeaux (FR)
2009 The forgotten territories, jeune création 2009, le 104, Paris (FR)
2008 L'eau, les barrages, le paysage, espace Electra, Paris (FR)

PRIX ET RÉSIDENCES

2018 Landscape scale, lauréat Talents contemporains, Fondation Francois Schneider, Wattwiller (FR)
2017 Prix LOOP Discover, lauréat avec le film Volva, Barcelone (ES)
2015 Prix Miquel Casablancas, finaliste dans les catégories "œuvre" et "projet", Barcelone (ES)
2013 Matadero, El Ranchito, résidence Paris-Madrid, Institut français, Madrid (ES)
2012 Casa de Velázquez, membre artiste 2012-2013, Madrid (ES)
2012 Aide à la création, DRAC Aquitaine, Bordeaux (FR)
2012 Purificación Garcia, pré-sélectionné au prix de photographie, Madrid (ES)
2006 Fondation EDF, lauréat pour le projet «l’eau, les barrages, le paysage», Paris (FR)

WebSite: www.edouarddecam.com