ANNE DE GELAS
Mère et Fils
15/11/17 - 14/01/18


Fermé du 24/12/17 au 2/01/18 inclus


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© Anne De Gelas, Lutte ou danse, 2016, de la série "Mère et Fils"

Le travail «Mère et fils» est la suite de «L’Amoureuse», un livre publié en 2013 aux éditions Le Caillou Bleu.
«L’Amoureuse» a pour thème un deuil; j’ai commencé ce travail suite au décès de mon compagnon, le père de mon fils.
Après le choc de sa mort, cette traversée du deuil, une convalescence, je me suis concentrée sur la nouvelle cellule familiale rétrécie. «Mère et Fils», ce face-à-face, ce lien intense et, au creux de cette situation, la permanence de la féminité et du désir, le retour à la vie.

Au travers de mon travail, textes, dessins et photographies, je veux mettre en évidence la complexité de cette relation, la complicité comme la violence, la solitude et la tendresse. Le changement, induit par ce face-à-face, vécu de manière si différente pour un fils/enfant ou une femme/mère et la vie qui se poursuit, les années qui passent et les changements physiques pour lui comme pour moi.

Ce thème du passage, pour l’un de l’enfance à l’adolescence, le détachement, le manque du père dans une relation presque obligatoirement fusionnelle, l’apprentissage de l’indépendance et du jugement. Pour moi le chemin en âge, les blessures qui s’inscrivent à même la peau, ce droit à la transformation dans une société où il est plus difficile pour une femme de vieillir, d’être seule, de vivre pleinement son rôle de mère/d’artiste. Cette dernière partie se retrouve plus spécifiquement sous le titre «un visage de lignes», mais s’intègre naturellement au travail «Mère et Fils».

Dans mes photographies, les regards sont souvent dirigés vers le spectateur, l’emprisonnant dans un questionnement, un certain malaise, dans une situation d’intimité où il pourrait avoir le rôle de l’absent.
Les prises de vues sont (presque) toutes effectuées au même endroit, dans la même pièce, la même lumière, une mise en place simple qui permet une part d’accident dans une mise en scène définie.

Le traitement de l’image, assez sévère, reste sobre et contrasté; les intérieurs et décors sont presque systématiquement éliminés, mis à part des objets empruntés à notre histoire commune. Une série de portraits, autoportraits, portraits duo traités de manière obsessionnelle, mettant en évidence les gestes qui appellent ou tentent d’apaiser.

Les références à la peinture sont évidentes, aux primitifs flamands surtout: «Vierge à l’enfant» et «Mater dolorosa».
Les images sont traitées en noir et blanc granuleux. Je développe mes films, continuant à travailler en argentique, ce qui souligne l’aspect intemporel et me permet d’agir sur la matière-même de la pellicule, jouer de l’accident.

Les dessins, plus présents que dans les séries précédentes, au stylo à bille ou au feutre, sont plus incisifs, plus simples et épurés, souvent d’un seul trait maladroit. Ils relèvent de la fragilité des relations, du lien qui peut être lâche ou non, de cette vibration et fusion inhérentes au vivre ensemble. Dans les autoportraits, l’accent est mis sur les difficultés liées aux changements physiques, au manque, au besoin ou au contraire au refus d’être touchée, à la réapparition ambiguë du désir dans la condition de mère, de veuve. Les dessins sont parfois violents sans faire un écho direct aux textes ou aux photographies qui les accompagnent.

Les textes nerveux, à l’écriture presque automatique, se développent toujours dans la colère, une énergie qui marque un besoin d’épuiser sur papier un trop plein. Ils se développent parfois longuement, en spirale, telles des litanies, fouillés, répétitifs, s’acharnant sur le sujet. Incisant plus encore dans un questionnement sur le vivant, la maternité, la responsabilité, l’enfance, de longues plaintes sans réponses… toujours accompagnés de cauchemars, visions glauques tels des messages qui éclairent d’une manière étrange le quotidien, qui convoquent les morts, plus présents encore que les vivants, les rêves agissent comme contrepoints révélateurs souvent cruels.

Ce travail relève dans un même temps d’une attente, un passage, une suspension, un questionnement, on pourrait dire «cela n’a pas vraiment été, mais que va-t-il se produire maintenant?», la mise en page précise et complémentaire des éléments textes/photographies/dessins apporte une réponse contrastée à cette question.

Anne De Gelas




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Anne De Gelas, Mère et Fils
Anne De Gelas, «Mère et Fils», Paris,
Editions Loco en coproduction avec Contretype, 2017.
Format: 32,5 x 24 cm, couverture souple avec rabats, 124 pages.
Impression en quadrichromie sur papier non couché. cahiers cousus-collés.
Prix de vente: 35 €.Tirage: 500 exemplaires.



Anne De Gelas est née en 1966 à Bruxelles. Elle a étudié la photographie à l’École Supérieure des Arts de l’image «Le 75», Bruxelles. Elle vit et travaille actuellement dans cette ville.

Expositions personnelles:

2017
- "Mère et Fils", Contretype, Centre pour la Photographie Contemporaine, Bruxelles

2016
- Le Balcon de l'Atelier, en duo avec Serge Giotti - Les Avins (Condroz - Belgique)

2015
- Le Petit Espace - Paris
- Galerie Exp12 - Berlin
- Galerie Le Lac Gelé - Nîmes

2013
- Cosmos cosmos, la Charcuterie - Bruxelles

2012
- "Et s'il n'y a plus...", Contretype , Centre pour la Photographie Contemporaine, Bruxelles,
- "Une journée (presque)... parfaite ", Galerie 10/12, Bruxelles
- "La vie est un roman...suite'", Le Placard à Balais, Biennale de la Photographie de Liège

2011
- "La vie est un roman...suite", Librairie Saint-Hubert, Bruxelles
- Cultuurcentrum, Hasselt
- « La vie est un roman », librairie Evasion2 et galerie Rossi Contemporary, Bruxelles

2010
- « je suis ici », Centre Culturel Jacques Franck, Bruxelles

2008
- « LE SECRET… ou la question du journal intime », Epicerie Audiovisuelle "le bonheur", Bruxelles

2006
- « Sur une intimité …qui m’inquiète (suite)», Epicerie Audiovisuelle "le bonheur", Bruxelles
- Performance au Beurschouwburg, Bruxelles

2005
- « Sur une intimité …qui m’inquiète », Epicerie Audiovisuelle "le bonheur", Bruxelles

2003
- Galerie P, Foire d'Art Contemporain de Bruxelles

2002
- Senones, France (collaboration avec le Centre culturel de Marchin)

2001
- Galerie "les témoins oculistes", Bruxelles
- "Vyle d'Art", Centre Culturel de Marchin (Condroz-Belgique)

2000
- "Le bonheur", Epicerie Audiovisuelle, Bruxelles
- Performance "collision", Bruxelles 2000

1999
- Galerie du Botanique, Bruxelles

1998
- Cinéma Nova, Bruxelles
- Galerie "Le Frigo", Bruxelles

1997
- Théâtre Océan Nord, Bruxelles

1994
- Galerie du Botanique, Bruxelles
- Galerie "Point de vue", Bruxelles

Expositions collectives, publications et collections sur son site:

www.annedegelas.com